1972 – Robert Fabre rallie l’Union de la gauche

C’était en 1972, c’était la naissance de l’Union de la gauche, cet épisode important de l’histoire des gauches et de la vie politique française. Ainsi, le 12 juillet de cette année, le mouvement des radicaux-socialiste de Robert FABRE a rallié l’Union de la gauche.

Les responsables des trois partis signataires, Robert FABRE pour le Mouvement de la Gauche Radicale et socialiste, Georges MARCHAIS pour le Parti Communiste Français et François MITTERRAND pour le Parti Socialiste, s’expriment à l’issue de leur réunion.

Un siècle de radicalisme : 1869-1981

Se situer dans la filiation radicale, comprendre ses mouvements de fond.

1) L’époque Gambetta

Léon Gambetta est né en 1838 à Cahors dans une famille de commerçants venant d’Italie, mort en 1882. Opposant politique sous le Second Empire, auteur du programme de Belleville où il se présente aux élections législatives de 1869, il est de ceux qui proclament la République le 4 septembre 1870, participe au gouvernement de Défense nationale dans cette époque troublée par la guerre franco-prussienne. Il est le chef du parti républicain au début de la IIIème République dominée par les conservateurs et le parti de l’Ordre dirigés par Thiers puis Mac-Mahon, député, président de la Chambre (1879-1881), président du Conseil en 1881-1882. Lire la suite

Histoire du radicalisme (4): les radicaux et la mise à mort de la IIIème république

La drôle de guerre voit se succéder les gouvernements Daladier et Paul Reynaud. Si ce dernier est membre de l’Alliance dite Démocratique et donc plutôt à classer comme politicien de centre droit, on trouve une dizaine de Radicaux dans son gouvernement dont Camille Chautemps à la vice-présidence du conseil et Daladier lui-même à la Défense Nationale.

La soudaineté de l’attaque allemande surprend d’une certaine manière autant le gouvernement que les armées françaises et les 6 semaines qui vont suivre vont en marquer la déliquescence, au fur et à mesure de la débâcle militaire. Le gouvernement est notamment contraint, de se replier, d’abord à Tours, puis à Bordeaux… Des dissensions parmi les ministres apparaissent rapidement quant à la conduite à tenir, entre partisans de la poursuite de la guerre depuis l’empire colonial avec l’aide de l’Angleterre et tenants de l’armistice avec l’Allemagne. Daladier, Paul Reynaud, lui-même, et le jeune général De Gaulle nouveau secrétaire d’Etat à la guerre sont partisans de la poursuite de la lutte. Mais au sein même du parti radical, des désaccords se font jour : C. Chautemps se révèle plutôt partisan, de l’armistice, tout comme le maréchal Pétain, récemment appelé au gouvernement

A partir du 15 Juin, les évènements s’accélèrent… le général de Gaulle est à Londres, sur ordre de Paul Reynaud pour négocier un soutien total et massif des anglais dans le cas où la France choisirait de poursuivre la lutte ; la réponse des anglais est positive, mais leurs atermoiements des jours précédents quant à l’envoi de nouveaux renforts les ont discrédités aux yeux de certains ministres, Pétain manœuvre en sous-main et finalement le 16 au soir Raynaud donne sa démission au président Albert Lebrun. Pendant que le maréchal Pétain est appelé à former un nouveau gouvernement (ou figure toujours le radical Camille Chautemps), le 18 Juin,  le général De Gaulle lance son fameux appel depuis Londres ; il sera réitéré le 22 pendant qu’en France est signé l’armistice, qui prend effet le 23. C’est pendant cette deuxième quinzaine de juin riche en événements qu’a lieu l’affaire du Massilia.

Le 20 juin, 27 parlementaires ainsi que des intellectuels, des membres de l’état-major s’embarquent sur le Massilia ( un paquebot de la Compagnie Générale Maritime ), pour devancer l’ensemble des pouvoirs publics qui devaient se replier sur Alger. On trouve parmi ces parlementaires 12 députés et 1 sénateur radical, comme Campinchi, Daladier, Mendès France, Zay…

Mais le gouvernement, sous la pression de Pierre Laval, renonce à partir. Il transforme alors en « fuyards » et « déserteurs » les passagers du Massilia, dont il empêche le retour, et qu’il jette en pâture à la presse. Ils sont retenus au Maroc pour ne pas gêner la mise à mort de la République, le 10 juillet, à Vichy, lors du vote des pleins pouvoirs à Pétain. Le piège s’est refermé sur eux, ils apprennent par la radio leur mise en accusation pour abandon de poste ou désertion pour les 4 députés, également militaires de réserve tels que Jean Zay. Celui-ci, de confession israëllite, ancien membre du front populaire, était, depuis des mois, la cible privilégiée des partisans de la droite réactionnaire. Après un simulacre de procès, il est condamné le 4 octobre 1940, à la déportation et à la dégradation militaire, la même peine que Dreyfus cinquante ans plus tôt. Il est à noter que ces parlementaires, même ceux qui n’auront pas été inculpés, ont été, sur ordre du gouvernement, retenus au Maroc suffisamment de temps pour qu’ils ne puissent pas prendre part au vote du 10 juillet, où seulement 80 parlementaires ( de toutes tendances politiques, mais parmi eux de nombreux radicaux ) sur prés de 600 refuseront les pleins pouvoirs au nouveau régime. Les radicaux auront assisté impuissants, voire passivement pour certains à la fin de cette république qu’ils avaient, plus que toute autre formation politique, contribuée à bâtir.

Histoire du radicalisme: 1901-1939, le parti radical à l’épreuve du pouvoir

Mais la période est surtout marquée par un événement majeur : le vote de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en décembre 1905. Cette loi porte la marque du radical Emile Combes qui a remplacé Waldeck-Rousseau en 1902 à la présidence du conseil. Par sa popularité comme par son caractère, Combes est la figure de proue du radicalisme de l’époque. Avec du recul on peut dire aussi que sa politique anticléricale a probablement été poussée à son paroxysme et qu’il a pu parfois manquer de sagacité dans ses jugements. Lire la suite

Histoire du radicalisme (2): 1870 – 1901, le mouvement radical se structure

Lors de la guerre de 1870, Léon Gambetta entre dans le nouveau gouvernement transitoire qu’il a appelé de ses voeux dès l’annonce de la capitulation de Napoléon III, et il y incarne plus que quiconque l’âme de la résistance à l’occupant prussien.

Les premières années de la III° République voient les Radicaux s’organiser petit à petit autour de cet éminent personnage. Son opinion de poursuivre la guerre jusqu’au bout et les idées radicales en général sont au début vues comme extrêmes par une bonne partie de la population française, encore très rurale et conservatrice ; mais petit à petit son opposition à Thiers puis au Maréchal Mac-Mahon, frontale mais prudente & mesurée ont un ressentiment immense et ses campagnes enracinent l’idée républicaine dans un pays dont l’opinion publique hésite encore entre Empire, Monarchie Constitutionnelle et République.

Les années 1880 voient apparaître le personnage de Georges Clémenceau, médecin de formation, puis journaliste. C’est aussi une période de débats d’idées et de combats politiques avec les Républicains modérés, tels Jules Ferry ( dont la politique d’expansion coloniale est critiquée par les Radicaux ).

Parmi les grandes figures radicales de cette fin de siècle, Léon Bourgeois est en 1895 le premier président du conseil se réclamant officiellement de la tendance radicale ; c’est par ailleurs avant tout un théoricien politique  Son programme politique, le « solidarisme » s’inscrivait entre le libéralisme individualiste et le socialisme collectiviste. La philosophie de la solidarité ( devoir social pour tout un chacun selon Bourgeois ) peut seule favoriser la construction d’une république juste.

C’est au nom de cette solidarité que Bourgeois préconise la mise en place de l’impôt sur le revenu et la création d’un fond de retraite pour les salariés. Ces deux idées vont former par la suite le socle des idées radicales et c’est Joseph Caillaux qui sera finalement  l’artisan de cette réforme.

Les 21, 22 & 23 Juin 1901, le Parti Radical est officiellement créé au congrès de Suresnes ( ce qui en fait aujourd’hui le plus ancien parti politique encore en vie ). Cette année-là est également votée la loi sur les associations avec le concours des parlementaires radicaux…